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Après le chantier

Réceptionner un élagage : la check-list en sept points

Comment savoir si le travail est bien fait ?

Mis à jour le

Détail d'une coupe de branche bien placée au col, comparée à un chicot trop long et à une coupe trop rase
Une bonne coupe respecte le col de la branche.

L’équipe range son matériel, le camion attend dans la rue, et la facture est prête. C’est le seul moment où vous pouvez encore demander une reprise sans négocier à distance. La plupart des défauts d’un élagage se voient depuis le sol, avec des jumelles au besoin, à condition de savoir où regarder. La grille ci-dessous s’inspire du cahier des charges d’une commune, Coupvray, qui encadre ses propres chantiers, et des recommandations de la Société française d’arboriculture.

Prenez dix minutes, faites le tour de chaque arbre, et photographiez ce que vous voyez.

1. Les coupes sont-elles au bon endroit ?

Le guide d’Orléans Métropole situe la bonne coupe dans le plan qui joint l’extérieur de la ride de l’écorce et l’extrémité du col, deux repères visibles à la base de chaque branche, là où l’arbre formera ce que le client appelle la cicatrice.

Deux défauts se voient bien. Le chicot, le bout de branche qui reste quand la coupe est faite trop loin. Et la coupe au ras du tronc, faite trop près. Le cahier des charges de Coupvray exclut l’un et l’autre.

2. L’écorce est-elle déchirée sous les coupes ?

Le cahier des charges de Coupvray impose une entaille sous la branche avant chaque coupe, pour éviter que l’écorce ne s’arrache quand la branche part. Une bande d’écorce arrachée qui descend sous une plaie signale que la précaution n’a pas été prise.

3. Y a-t-il des trous en série sur le tronc ?

Les griffes, crampons, broches et clous sont interdits sur un arbre conservé : le même cahier des charges ne les autorise que pour l’abattage. Une ligne de petits trous qui monte le long du tronc d’un arbre que vous gardez est un mauvais signe : l’élagueur est monté comme on monte sur un arbre qu’on va abattre.

4. Les plaies sont-elles de taille raisonnable ?

La Société française d’arboriculture recommande de ne couper que des branches de moins de 5 cm de diamètre. Toutes les coupes ne respectent pas ce seuil sur un chantier réel, notamment quand il faut retirer une branche morte ou cassée ; mais une série de grosses plaies sur des branches vivantes dit que la taille a été plus sévère que ce que la recommandation admet.

Mesurer n’est pas toujours possible depuis le sol. Comparez les plaies à des repères connus, et demandez à l’équipe de vous montrer les plus grosses coupes sur les branches au sol.

5. Reste-t-il assez de feuillage ?

Une entreprise du métier pose le principe de conserver au moins 75 % du volume foliaire, hors tailles architecturées. Ce n’est pas une norme officielle, mais c’est un repère lisible : si l’arbre a perdu bien plus d’un quart de son feuillage, ou si les grandes branches ont été raccourcies en moignons, la taille a changé de nature. Ce que chaque taille fait à l’arbre permet de faire la différence entre une réduction et un étêtage.

Si le devis nommait le type de taille, comparez avec ce qui a été fait. C’est précisément à ça que sert un devis lu ligne à ligne.

6. Les déchets sont-ils partis, ou broyés comme prévu ?

Le cahier des charges de Coupvray exige l’évacuation de la totalité des déchets. Chez un particulier, le devis a pu prévoir autre chose : broyage sur place, bois laissé en billons. Vérifiez que ce qui est resté correspond à ce qui était écrit, y compris les petits branchages dans les massifs et les gouttières. Un tas de branches laissé « pour qu’il brûle » n’est pas une solution : le brûlage est interdit, comme le rappelle la page sur les déchets verts.

7. La souche est-elle rognée à la profondeur écrite ?

Si le chantier comprenait un rognage, plantez un mètre dans le trou ou dans les copeaux jusqu’au bois. La fiche du réseau Sequoia décrit un rognage autour de 30 cm de profondeur ; le cahier des charges de Coupvray exige au moins 40 cm. Le devis donnait un chiffre : c’est celui-là qui compte. Le choix entre rogner, arracher ou laisser est détaillé dans la page sur la souche.

Si un point ne va pas

Dites-le avant de payer, calmement, photos à l’appui, et demandez ce qui peut être repris. Un chicot se recoupe, un tas de branches s’évacue, une souche se rogne plus bas. Une coupe au ras ou une série de trous de griffes, en revanche, ne se rattrapent pas ; notez-les par écrit sur la facture ou dans un courrier.

Si la taille a été trop sévère, l’arbre mérite d’être surveillé dans les années qui suivent. Les signes qui doivent alerter sont les mêmes que pour n’importe quel arbre fragilisé.

Récapitulatif à garder sur le téléphone

PointCe qu’on regardeCe qui doit alerter
coupesjonction des brancheschicot, coupe au ras
écorcesous chaque plaielanière arrachée
troncarbres conservéstrous de griffes en série
plaiesdiamètrenombreuses coupes au-delà de 5 cm
feuillagevolume restantplus d’un quart retiré
déchetssol, massifs, gouttièresécart avec le devis
soucheprofondeurmoins que le chiffre écrit