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Mortalité des arbres : ce que dit l'inventaire forestier

L'inventaire forestier 2025 décrit des forêts qui meurent plus vite ; ses chiffres ne se transposent pas au jardin, mais les signes à surveiller, eux, sont les mêmes.

4 min de lecture

Lisière de forêt où les arbres au houppier dégarni sont surlignés, avec une placette d'inventaire au sol
En forêt, un arbre sur douze montre des signes d'altération.

Lettre du 17 septembre 2026.

Un chiffre de l’Institut national de l’information géographique et forestière mérite qu’on s’y arrête. Dans les résultats 2025 de l’inventaire forestier national, l’IGN relève que la mortalité des arbres forestiers a augmenté de 125 % en dix ans. Plus qu’un doublement, en une décennie.

L’inventaire ajoute qu’environ 8 % des arbres montrent des signes d’altération. La proportion varie beaucoup selon l’essence :

EssencePart des arbres présentant des signes d’altération
frêne26 %
châtaignier21 %
chêne pédonculé10 %
ensemble des arbresenviron 8 %

Un frêne sur quatre, un châtaignier sur cinq, un chêne pédonculé sur dix.

Des chiffres de forêt, pas de jardin

Il faut le dire nettement avant d’aller plus loin : ces chiffres portent sur les arbres des forêts, mesurés selon la méthode de l’inventaire. Ils ne décrivent pas les arbres de jardin. Rien ne permet d’écrire que le frêne de votre pelouse a une chance sur quatre d’être altéré.

Ce que ces résultats disent, en revanche, c’est que les essences qu’on retrouve aussi autour des maisons ne sont pas à l’abri. Et qu’un arbre qu’on a toujours connu n’est pas un arbre qu’on n’a plus besoin de regarder.

Ce qu’un propriétaire peut surveiller depuis le sol

La méthode d’évaluation visuelle utilisée par les diagnostiqueurs, le VTA, part de ce qui se voit : le houppier, le tronc, les racines. Sans matériel ni formation, un propriétaire peut déjà repérer plusieurs signaux.

Dans le haut de l’arbre. Un houppier qui s’éclaircit, un feuillage asymétrique, des pousses de l’année plus courtes que d’habitude. Ce sont des signes que la méthode VTA relève.

Sur le tronc et aux fourches. Des fissures, des cavités, des nécroses, ces zones où l’écorce est morte, parfois décollée. Des champignons lignivores, ceux qui se nourrissent du bois, au pied, sur le tronc ou sur les branches.

Au pied. Une inclinaison inhabituelle ou récente, surtout si le sol est fissuré ou les racines soulevées. Des racines coupées lors d’un chantier voisin, d’une tranchée, d’une allée refaite.

Une entreprise de diagnostic rappelle un point qui trompe souvent : un arbre vert peut être creux. Le feuillage dense d’un été ne dit rien de l’état du bois à l’intérieur.

Quand l’œil ne suffit plus

Au premier défaut majeur, l’ONF recommande de passer à un diagnostic approfondi. Celui-ci s’appuie sur des instruments : résistographe, tomographe, parfois un test de traction. Le livrable est une fiche par arbre. Ce que fait chacun de ces examens, et quand les demander, est expliqué dans la page sur le diagnostic.

Un diagnostic n’est pas une condamnation : il sert à choisir le geste. La décision entre ces gestes se prend avec la page qui compare élagage, démontage et abattage. Et si l’on vous propose de « rajeunir » un arbre fatigué en lui coupant la tête, sachez que les guides publics de bonnes pratiques disent l’inverse : ce que chaque taille fait à l’arbre l’explique.

Pourquoi regarder maintenant

Parce que le moment où l’on remarque un défaut compte aussi pour l’assurance. La MAIF indique dans son guide qu’un assureur peut refuser de couvrir la chute d’un arbre si le propriétaire connaissait son mauvais état et n’a rien fait. C’est la position d’un assureur, pas une règle générale, mais elle rappelle qu’un signe vu et laissé sans suite peut peser, le jour où l’arbre tombe sur la toiture du voisin.

Nous ne tirons pas de l’inventaire forestier une alerte pour chaque jardin. Nous en tirons une habitude : faire régulièrement le tour de ses grands arbres, et après chaque coup de vent, en notant ce qu’on voit. Les signes qui doivent alerter sont réunis sur une page, et ce qu’on fait après une tempête sur une autre.

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